Comment le numérique a changé ma vie

Au début des années 1990, j’ai été approché par un responsable d’une jeune société montréalaise spécialisée dans la restauration des bâtiments. Mon interlocuteur me disait que mon expérience était un atout pour le développement de leur société. Le discours se voulait diplomatique. Je n’étais pas dupe : l’homme qui était en face de moi s’était forcément renseigné sur mon parcours professionnel. Et il savait que je faisais partie des salariés qui avaient été remerciés par la Direction d’une entreprise reconnue, suite à la mise en œuvre d’un plan de licenciement. J’étais jeune à l’époque. Je n’étais pas tout de suite convaincu de la viabilité de cette jeune entreprise, mais c’était mieux que de rester au chômage, donc de rester une charge pour ma fille.

Les offres en ligne relayées par les boutiques physiques

Quelques années plus tard, je suis parti à la retraite, et la société s’était fortement développée. Pendant ce temps, j’ai largement eu le temps d’épargner davantage. J’envisageais d’ouvrir un commerce d'auvents retractables longueuil. Ma fille m’a tout de suite proposé de s’occuper des aspects administratif et de la communication. Elle n’était pas contre l’idée d’avancer pied à pied, en commençant par ouvrir un seul commerce. Mais elle estimait qu’il était nécessaire de mettre sur place un site Internet pour toucher un public plus large. Ma fille voulait, dès le départ, que les boutiques soient des relais physiques des différentes rubriques du site de vente en ligne. Aujourd’hui, nous avons deux magasins. Mais une partie de notre chiffre d’affaires, nous le réalisons grâce aux commandes en ligne.

La magie du marketing

Notre plan de développement consiste à accentuer davantage la fidélisation clientèle, notamment en investissant dans la segmentation marketing. Des représentants sont engagés pour réaliser des enquêtes sur le terrain, afin de déterminer les besoins des différentes catégories de prospects. Parmi nos cibles favorites, figurent les retraités aisés, notamment nos voisins Américains. La plupart disposant d’un patrimoine immobilier ou financier, sont plus réactifs aux newsletters, passent beaucoup plus de temps sur Internet (2 h par semaine, en moyenne)… Nous leur proposons des matériaux destinés à embellir leurs maisons, leurs terrasses, ou encore, leurs résidences secondaires. Et les abris, les stores et les auvents de fenêtres sont désormais connus au-delà des frontières canadiennes, c’est aussi parce que nous tirons profit du vieillissement des utilisateurs de Facebook. Nous nous en servons pour stimuler le bouche-à-oreille entre les retraités aisés, qui utilisent le réseau social pour rester en contact avec les petits-enfants qui vivent à des centaines, ou des milliers de kilomètres.