L'art de la récupération

L'art de la récupération - Wilber Sargeant

J’avais entendu parler d’un atelier qui proposait de récupérer du carton, et d’en faire des meubles. C’était en regardant un article dans le journal local, que j’avais eu cette information. Alors que ma femme était à son rendez-vous pour un traitement au juvederm Montreal, je passais à l’heure d’un cours pour voir ce qu’il en était. Je ne comptais pas m’initier à cette discipline, mais inscrire ma fille de treize ans me semblait une bonne idée. Elle voulait des vacances plus animées que les précédentes, et je pensais qu’une telle activité lui conviendrait. Elle a toujours aimé fabriquer de petits objets en détournant des matières qu’elle récupère un peu partout. J’entrais donc, et je parlais au professeur de la raison de ma venue, c’est-à-dire que je souhaitais assister à son cours, mais sans participer. Dès le début du cours, je compris tout de suite que la démarche du professeur plairait à ma fille. Il expliquait que tout le matériel qu’il avait provenait de la récupération. Il contacte les grands magasins qui vendent de l’électroménager, et leur prennent les cratons qui emballaient des objets volumineux.

Il invitait ses élèves à suivre la même démarche pour se procurer du matériel. Il montra ensuite, ce qu’il voulait proposer comme création à ses élèves : une chaise. L’apprenti cartonniste pouvait, au choix, s’inspirer, ou copier le modèle présenté. Une petite commode suivit. Ses trois tiroirs pouvaient contenir un nécessaire de maquillage. Le système d’ouverture sur le haut renfermait un miroir et des compartiments. Ce que j’avais pris pour une commode était en fait un meuble très féminin. La peinture bordeaux qui le recouvrait et les dorures peintes finement sur les rebords étaient très soignées. La technique de cartonnage était si épatante, que je pris immédiatement des photos que j’envoyais à ma fille.

Je reçus sa réponse presque immédiatement. Elle venait pour voir les réalisations que je lui avais montrées. Je l’inscris donc à ce cours qu’elle suivit assidument. Plusieurs années après, elle continue encore à nous faire des meubles en carton. Nous avons deux tables basses, qui ont été imperméabilisées avec un vernis, des chaises, sur lesquelles le même traitement a été réalisé, des tabourets, et bien d’autres objets. Elle a transmis ce savoir-faire à son fils qui est devenu, à huit ans, un grand amateur de cartonnage. Je n’aurais jamais pensé que notre fille aurait pu continuer ce passe-temps, et qu’elle aurait appris à ses enfants tout ce qu’elle savait dessus.